Jupiter

Le duo franco-anglais Jupiter basé à Londres sort un nouvel Ep appelé très sobrement  » Juicy Lucy (needs a boogieman)« . Le groupe au son disco et electro-funk confesse aussi des influences plus larges et cite volontiers Sly & Robbie, Beach House, Alan Parsons Project, Siriusmo ou même les Beastie Boys. Rien que ça !
Leur premier single, Starlighter, sort en 2009 et excite rapidement la blogosphère. Cet hymne underground représente bien l’éclectisme du son du groupe entre songwriting élégant et hédonisme dancefloor. Une signature qu’ils appliquent également à leurs remixes pour Metronomy, Anoraak ou encore Two Door Cinema Club. Sortira ensuite une irrésistible reprise de leur titre fondateur Mama Used to Say, qui leur vaudra par ailleurs les louanges de son auteur. Au point d’attirer l’attention de la maison Kitsuné, le label parisien qui sortira leurs deux singles suivants : l’incontournable Saké, qui reste en tête des charts electro iTunes pendant plusieurs semaines, puis quelques mois plus tard l’irrésistible Kass Limon qui revisite un titre de Kassav’. Le duo se produit logiquement de plus en plus sur scène, où il s’adjoint les services d’un troisième musicien aux machines.
Jupiter sort un nouvel EP !« Juicy Lucy« , premier album du groupe, condense en onze morceaux le son Jupiter : beats enlevés, mélodie légère, arrangements dévoués au songwriting. Le disque passe sans problème du boogie punk,à la pop psychédélique en passant par le néo-disco, le rock FM et même la dub et le reggae. Un sentiment de maîtrise insouciante imprègne les morceaux, portés par la voix haute et définitive d’Amélie, et par ses paroles, souvent écrites comme des petits slogans intimes. On verrait d’ailleurs bien la jeune femme travailler pour des interprètes plus mainstream, tant elle semble posséder le don du hook imparable.
Les matières sont nobles, le son compact, et les mélodies vives, éclairées. Malgré les nombreuses références historiques sur lesquelles il s’appuie, « Juicy Lucy » ne souffre pas du syndrome rétromaniaque qui mine une bonne partie de la musique actuelle. Il s’agit plutôt d’un projet moderniste, qui regarde devant lui et devant nous, et qui tient surtout à restaurer le rôle majeur de la chanson dans un paysage sonore saturé d’effets poudre aux yeux. C’est un déroulé facile de 11 chansons, presque toutes des tubes potentiels, qui naviguent avec entrain entre les genres et les époques, et offrent l’occasion de rappeler que la pop, électronique ou non, a encore de beaux jours devant elle.