Résurrection du groupe Death From Above 1979 31 October 2014 par Guillaume Marsaud dans Evénements, Musique

Death From Above 1979 la preuve que dans l'industrie musicale il y a une vie après la mort

Dix ans après la sortie de leur unique album « You’re a women, I’m a machine », le duo canadien remonte sur scène et signe un retour en fanfare avec « The Physical World », un album urgent et puissant comme une armée en marche et la sortie d’un documentaire sur leur parcours chaotique « Life after Death from Above ». Deuxième chance donc pour un groupe qui était resté dans l’antichambre de la gloire.

Du premier jusqu’au dernier titre Jesse F. Keeler, Sébastien Grainger et leur producteur Dave Sardy (Oasis, Nine Inch Nails) nous gardent sous tension, le son est lourd mais groovy, les riffs rageurs mais dansants (« Virgins ») ce qui n’est pas une mince affaire. Tout au long des 11 titres qui constituent « The Physical World » le style est direct, c’est du gros rock qui tâche tout en restant ludique et mélodique. Le groupe s’autorise quelques incartades plus électro avec « Crystal Ball » notamment et même une ébauche de ballade (certes musclée) avec « White is red » mais revient vite à l’essentiel (« Always on », « Trainwreck 1979″). Vu l’énergie dégagée à l’enregistrement (« Government Trash »), on comprend mieux que leur unique concert parisien est été pris d’assaut la semaine dernière. Et même si le groupe se fait rare en France, il nous reste un disque et un documentaire pour nous consoler et finir de nous convaincre que décidément dans l’industrie musicale il y a une vie après la mort, même si elle vient de très haut.


 

 

C.A.R, la révélation coldwave. 31 October 2014 par Guillaume Marsaud dans Evénements, Musique

La chanteuse du groupe Londonien de coldwave « Battant » Chloé Raunet sort son projet solo C.A.R qualifié outre-manche de « Luminous, poectic and radical », c’est dire… En attendant son concert vendredi 17 octobre au Mama Festival on découvre son nouveau clip « Idle Eyes » avant la sortie de l’album « My Friend » le 27 octobre.

Le titre « Idle Eyes » a la forme d’un bonbon, la couleur d’un bonbon mais avec son parfum doux amer, C.A.R nous laisse tout à la fois heureux et un peu désabusés. Après 3.22 min passées à nous jouer sa petite mélodie on en voudrait plus, on voudrait rester dans cette ambiance douce et cassante, dansante mais un peu froide. C’est que l’artiste fait beaucoup avec peu de choses, elle construit sans chichis un univers singulier : une simple petite ligne de synthé, un texte scandé, un clip dénudé, un refrain hypnotique (un brin désenchanté mais mignon quand même) et nous voilà embarqués dans une sorte de transe. La mélodie, qui se cache derrière « le tacking », vandalise avec humour le traintrain d’une vie quotidienne qui se veut charmante. Assurément C.A.R peut amener un peu de chaleur à nos longues soirées d’automne, ne nous en privons pas.

Soyez prudents, quand on tape Say Yes Dog sur Google, on peut tomber sur des cours d’éducation pour chiens, « Effective puppy training and dog obedience training should be fun ».. mais le plus fun c’est quand même quand on écoute l’EP du groupe mi allemand, mi luxembourgeois, qui vit au Pays-Bas (faut suivre !) Say Yes Dog ! Un groupe électro pop dont l’EP – A Friend – est une véritable (et merveilleuse !) découverte pour PUREchannel. Etant donné que ça fait 2h que j’écoute les quatre titres en boucle (je vous laisse calculer à combien d’écoutes j’en suis…).

Ce trio est composé d’Aaron au chant et au clavier, Paul à la basse et Pascal à la batterie. Ils se sont rencontrés quand ils étaient jeunes, non pas qu’ils soient bien vieux, sur les bancs de l’université. Au Conservatoire Royal de la ville néerlandaise de la Haye, où ils étudient l’ingénierie du son (et le jazz pour Pascal). C’est en 2011 qu’ils fondent Say Yes dog. Le groupe fusionne les mélodies de synthé avec du gros beats. Un cocktail de pop et de house, grisant. Pour l’instant, on sait très peu de choses sur eux. On dit qu’ils sont « the best-kept secret in terms of Electro-Pop ». Chez PUREchannel, on ne sait pas très bien garder les secrets, veuillez nous en excuser ! Ce qu’on entend nous plait, surtout la voix d’Aaron, qui nous guide dans leur univers musical. Say Yes Dog s’oriente plutôt vers un public de clubs et se lierait très bien au dance-floor, mais une certaine mélancolie (qui naît surtout grâce à la voix d’Aaron) colle à leur électro pop. Alors on a envie de remuer son popotin en écoutant leur EP, mais il donne aussi envie de réfléchir sur la vie, les sentiments, tout ça tout ça. Une merveilleuse ambiguïté.

Slow Joe and the Ginger Accident, "Lost for Love" : un deuxième album sorti le 29 septembre sous le label Tôt ou Tard.

Joe, ce bon vieux Joe. Il a maintenant 71 ans ! Et sort son deuxième album aux côtés de Ginger Accident, le collectif lyonnais qui est à l’origine de cette agréable rencontre musicale. Un nouvel album blues-rock aux notes R&B. Un succès.

Mais avant de parler de l’album, revenons sur cette histoire tout à fait originale qui a permis à Slow Joe de se faire connaître. Un « accident » (d’où le nom du groupe Ginger Accident), mais un accident plutôt bénéfique. C’est en 2007 que Cédric de la Chapelle, musicien lyonnais, part en road trip en Inde, ukulélé sous le bras. Au coin d’une rue de Goa, il se laisse envoûter par la voix éraillée de Joe et par la spontanéité de ses textes. Il l’écoute attentivement, et lui propose de collaborer avec lui. C’est là qu’est né le groupe Ginger Accident. Et que le talent de Slow Joe a pu apparaître au grand jour. Au plus grand bonheur de mes oreilles. Leur premier album, « Sunny Side Up », est sorti en 2011 : Joe s’était enregistré seul en Inde, avant d’envoyer ses bandes à Lyon, où le groupe des rockeurs a mixé le tout. Pour ce deuxième album, leur collaboration est plus profonde. Slow Joe et Ginger Accident ont écrit et composé ensemble à Lyon, où Joe était venu s’installer quelques temps.

Lui qui avait passé toute sa vie à écrire et composer pour lui et ses amis en Inde, cette opportunité est fantastique.

Tout au long de l’album, on se laisse emporter par la voix de Joe, douce et éraillée, au léger accent indien. A travers ses textes et son timbre de voix, il nous transmet sa vision de la liberté et de l’espoir. Et sa liberté, il y tient. Il n’y a qu’à voir certains titres de son album : « You don’t have to tell me », ou encore « Gimme no direction ». Joe reprend un titre déjà présent dans son premier album, mais cette fois il chante « Cover Me Over » en duo avec Yael Naim. Leurs voix se marient à merveille et ils réalisent là un slow très émouvant. L’artiste, à 71 ans, lance un défi à la mort à travers le titre « The Eye of the Death », un titre entraînant où Joe tient tête à la mort à la manière d’une tête brûlée. Au fil des chansons, Joe nous transporte, dans son passé, dans ses pensées. Et dans son pays : Joe chante en indien le morceau « Hum Diya », qui nous fait voyager et imaginer le vieil homme errant dans les rues indiennes.

Les mélodies de cet album sont envoûtantes, il s’écoute avec plaisir et sans le vouloir, on s’attache au vieux Joe. Slow Joe & The Ginger Accident cherchent la petite bête qui s’éveillera au fond de nos tripes. Dans « She’s All Women », des cris féminins de désespoir créent un véritable trouble, et Slow Joe vient rétablir le calme d’un coup, de sa voix profonde et envoûtante. Album dans les bacs depuis le 29 septembre.

 Deux coups de cœur : Track 2 « No Caramel Custards » / Track 3 « The Mulberry Bush »

Découvrez-les en concert : 

- à Meylan (38), le samedi 18 octobre à 20h30

- à Dijon (21), le jeudi 23 octobre à 20h00

- à Saint Ave (56), le vendredi 24 octobre à 20h30

- à Paris (75) au New Morning, le mardi 4 novembre à 19h30

- à Feyzin (69), le jeudi 20 novembre à 20h30

- à Saint Jean de Védas (34), le vendredi 21 novembre à 20h00

à Limoges (87), le samedi 22 novembre à 20h30

Jenn Ayache, leader de Superbus, a sorti son premier album solo le 22 septembre !

Premier titre de l’album, les notes glissent et se faufilent au creux de mon nerf auditif. Mon petit cerveau s’active… « Et l’Amérique. Et l’américain. Le pacifique n’est pas si loin ». Tiens, mais je la connais celle-là ! Je me revois la chanter à tue-tête dans ma voiture cet été, sur la route des plages. Deuxième titre, « Acide ». Vous la connaissez sûrement aussi. Jenn Ayache a choisi de démarrer son album +001 par ses deux singles : « L’Américain » et « Acide ». Deux petites mises en bouche sorties respectivement en janvier et juin dernier avant la sortie de l’album prévue pour le 22 septembre.

Et justement cet album, je l’ai écouté pour vous. Pas de doute, on reconnaît bien la patte de miss Superbus. Jennifer Ayache produit pourtant là son premier album solo, sans pour autant abandonner son groupe pop rock dont elle est le leader. Au départ, un premier single intitulé « Si j’essaye » est sorti en décembre dernier. Mais celui-ci n’a pas eu le résultat escompté. Probablement car il s’éloignait un peu trop de l’univers musical de la demoiselle. Finalement cet extrait a été retiré de l’album et Jenn Ayache l’a retravaillé et a notamment intégré « Acide » à sa tracklist, qui n’apparaissait pas sur celle de départ.

Sur cet album, le style aérien et le timbre de voix de Jennifer se reconnaissent parfaitement. Mais elle signe là un album aux notes souvent plus électro et touche même au rap avec son titre « Jai voyagé » en duo avec Tito Prince, un rappeur français qui s’est notamment fait connaître avec son titre « Godson Power ». On se laisse facilement emporter au fil de ses chansons, qui nous provoque un léger hochement de tête (comme pour « Just in time ») ou même une véritable envie de remuer tout son corps au rythme de la musique (c’est le cas avec « Animal » qu’elle chante en duo avec Mat Bastard, le chanteur du groupe Skip the Use). Certains titres sont mêmes assez « noirs » comme « On S’connaît pas », un style rare de la part de Jenn Ayache. Le rythme est saccadé, la voix feutrée, on est comme dans une bulle où on ne se sent pas forcément très à l’aise. Mais le style très dynamique de Jennifer revient à la charge dès le titre suivant avec « Elle a balancé » où l’on retrouve son grain de folie et son énergie débordante. Jenn Ayache a aussi fait le choix de faire une reprise de « Diabolo Menthe » d’Yves Simon, une chanson française qui date (1978 !) mais que l’artiste a su reprendre à sa sauce avec succès.

Dans cet album, Jennifer Ayache s’essaye à plusieurs styles différents et s’en sort vraiment pas mal. Reste à voir si son public ne sera pas trop dérouté. Il ne faut en tout cas pas s’attendre à une pâle version de Superbus, mais bien à tout l’univers musical de Jenn Ayache. Dans les bacs depuis le 22 septembre.

Deux coups de cœur : Track 6 « Just in time » / Track 11 « Animal »