Critique du film

 Alors qu’il a été déprogrammé de plus de 40 salles pour des raisons un peu troubles, Sinister – qui est sorti dans les salles en même temps que Parnanormal Activity 4est un bon film d’horreur même si il est vrai qu’il est loin de révolutionner le genre.

Le long-métrage – réalisé par un spécialiste : Scott DerricksonLe Jour où la Terre s’arrêtaL’Exorcisme d’Emily Rose) – aurait mérité une plus grosse exposition que la purge le 4ème épisode de la saga Paranormal Activity Jonglant habillement avec les codes de la fiction sous toutes ses formes, Sinister impose une ambiance redoutable dans sa première partie. L’enquête d’Ethan Hawke est passionnante mais c’est au moment de passer de l’autre côté du miroir que le scénario patine un peu. Ce qui n’empêchera pas quelques sursauts du côté du spectateur à des moments-clés, généralement pas très bien amenés. Pas suffisant pour en faire un classique de l’horreur. Plus près du thriller fantastique que du pur film d’horreur. Ici, point de corps en décomposition ni de sang à profusion : tout repose sur la suggestion. Le film a le mérite de commencer tambours battants avec une scène qui met directement les spectateurs dans l’ambiance : un début réussi. Les films d’épouvante nous ont habitué à commencer doucement sans réelle peur en général. Un bon point pour Sinister.

Sinister

L’histoire est un peu bancale : avec dans le rôle principal Ethan Hawke qui un écrivain en perte de vitesse comme d’inspiration, qui emménage en toute connaissance de cause dans la maison où la famille sus-citée a périe pendue. Sa propre parentèle l’accompagne… Cet écrivain qui a depuis longtemps abandonné la fiction pour s’inspirer du réel, est d’enquêter sur le drame. Son enquête va singulièrement se compliquer lorsque l’écrivain découvre dans le grenier de sa nouvelle résidence un coffre renfermant un projecteur et plusieurs bobines de film 8 millimètres. Celles-ci, datées entre 1966 et 2011, mettent en scène le massacre de plusieurs autres familles…

La majeure partie du film est effectivement constituée de ces deux types de séquences qui, dans les faits, se révèlent nettement moins rébarbatives que sur le papier. Atmosphère oppressante, bruits assourdissants, absence de lumière : le réalisateur nous réussit à créer une véritable tension voit un certain malaise. Les ténèbres ont une place majeure dans Sinister et il n’est pas rare d’apercevoir  -ou de croire avoir aperçu – des formes furtives en périphérie du regard, aussi bien dans le film que dans la salle de cinéma elle-même (gage d’un effet réussi, non ?). De même, les vidéos amateurs laissées par le tueur ont quelque chose à la fois de drôle et d’insoutenable.

Cependant, le film est quelque peu gâché : l’histoire surnaturelle n’est pas nécessaire et n’est pas très bien expliquée et justifiée. La légende du Boogeyman (ici surnommé Mr Boogie) fait office de fourre-tout et ça se ressent. Peu de justifications, beaucoup de questions en suspens et au final : une fin qui semble prévisible et qui tombe un peu plat. En résumé : Sinister, c’est un bon début, de bons effets, quelques grosses frayeurs et une fin désastreuse. Vraiment dommage.

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