The Shins, les indépendants Dire que ce quatrième album des Shins était très attendu serait en dessous de la vérité ! Cinq ans après le sublime Wincing the Night Away, quelques aventures personnelles et projets musicaux plus tard, James Mercer revient, avec quatre acolytes choisis pour l’occasion. La nouvelle mouture des Shins s’inscrit heureusement dans le prolongement de ce qui fait la patte du groupe.

En effet, des mélodies lumineuses, une voix au lyrisme fervent et des harmonies à l’enthousiasme contagieux : voici les ingrédients qui composent ce nouvel album remarquable. Ces nouveaux titres déploient une véritable puissance. Les arrangements rutilants, servis par des cordes et claviers galvanisants, servent d’écrin à des ballades au dépouillement touchant. Rythmes précis, sons cristallins : les titres des Américains ouvrent une oasis limpide dans un monde aux contours troubles…

« The Shins ? They changed my life ! » affirmait la jolie Natalie Portman au mollasson Zach Braff dans Garden State, petit film indé très sympathique ; c’était probablement un peu exagéré ! Pour autant ce groupe de pop rock américain mérite d’être connu !  Les grincheux diront sûrement qu’il manque à ce groupe la base hypocondriaque nécessaire pour écrire de la vraie pop music – la pop triste étant par essence la plus noble : néanmoins Black wave ou la jolie finale A Comet appears laissent apparaître un joli potentiel mélancolique… Leur passage à Rock en Seine sera l’occasion de vérifier qu’ils dégageaient bien les mêmes émotions positives sur scène que sur ce disque !