Pop'peaEn allant voir Pop’pea, le spectateur ne sait pas à quoi s’attendre. Les productions du théâtre du Châtelet sont souvent d’excellente qualité. Puis la présence de Carl Barât et Benjamin Biolay à l’affiche, laissait entrevoir un spectacle unique. Barât, un regard d’ange, une âme d’artiste maudit, une qualité d’écriture unique, un amour tumultueux avec Pete Doherty… Les deux chanteurs se retrouvent dans une véritable drame, une histoire pleine de péripéties.

Othon, amoureux de Poppée, se la voit voler par Néron, empereur de Rome. Un pacte naît alors entre Ottavia, épouse délaissée par Néron, et lui-même afin de tuer Poppée. Une fois démasqués, ils seront bannis de Rome.

Critique de l'Opéra Rock Pop'peaL’histoire est trépidante, l’opéra de Monteverdi éblouissant alors l’idée d’une version pop rock peut faire craindre le pire. On avoue penser à  la tentative de Kamel Ouali et son Mozart pop rock. Le parti pris de mise en scène est évident et remarquable. On assiste à une BD musicale, avec des effets de mise en scène fantastiques. Les éléments de décors sont miniaturisés : une forêt, une table surmontée de gâteaux et de cupcakes, ou encore un groupe sur scène sont filmés. Les acteurs le sont également avec un fond bleu en arrière plan. Le montage des deux films est diffusé sur un écran géant. On assiste, par exemple, au terrible Néron au milieu d’un décor fait de pâtisseries géantes tandis que la scène est vide, outre la fameuse table et l’acteur. Les costumes sont également très beaux, à la fois modernes et grandioses. La robe d’Ottavia en faux gazon suffit à prouver ce subtil mélange entre modernité et antiquité. Une pièce très originale en somme.

Critique de l'Opéra Rock Pop'peaAlors pourquoi ca ne marche pas ? Bien que ce fût un parti pris, le jeu d’acteurs est affligeant et ne fonctionne pas. On plonge dans le clip de Barbie Girl d’Aqua plutôt que dans une BD de super héros.  Carl ressemble à Paul McCartney au jubilée de la Reine, bouffi et fini. Tous chantent atrocement faux, on sent une douleur physique à chaque note, surement l’effet de catharsis. Seule la belle Ottavia échappe ironiquement à cette tragédie. Les arrangements « Eurovision 1993 » d’une musique inintéressante par ailleurs, laissent peu de place au divertissement et ne me demandez pas de ressentir quoique ce soit devant Carl Barât en cuir rouge sautillant sur scène.

Le spectacle est donc assez décevant. C’était osé. Raté mais osé. L’art sans parti pris et sans risque est sans intérêt.Et puis, Carl Barât est assez émouvant dans son rôle de Néron. De quoi rester sur sa fin…

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