Alabama Shakes : l'authentique soul est de retour !Jaillissant d’un courant qui charrie tout et n’importe quoi, le groupe américain Alabama Shakes rénove avec magnificence la soul-music.

Ces dernières semaines, un mouvement a pris une ampleur considérable. Aloe Blacc, Raphael Saadiq, Mayer Hawthorne, Plan B ou Cee Lo Green, tous se sont hissés au sommet des charts dans le monde entier. Un point commun : tous font partie du mouvement de la soul music.

Après des années marquées par l’électro et les samples de feulements ou breaks empruntés à la soul, on est ainsi revenu à la maison mère, à l’authenticité, voire au rétro visionnage. On préfère soudain Otis Redding et Aretha Franklin à l’autotune et au vocodeur. Une vraie révolution.

Un phénomène qu’on doit probablement autant au carton d’Amy Winehouse, qui a ouvert grandes les portes à tous ces heureux successeurs, qu’aux penchants naturels de l’homme pour le revival, la nostalgie et “le c’était mieux avant”. C’est le prix des crises et des avenirs flous : on se replie sur ce qui a fait ses preuves. Devant l’ampleur du mouvement, les programmes de téléréalité ne cherchent aujourd’hui plus de nouvelle star mais partent en quête de the voice. La plus grande vendeuse de l’année dernière, Adele, connaît moins les dance-floors que les disques d’Etta James.

Alabama Shakes : l'authentique soul est de retour !Les représentants pullulent tant et si bien que certains rejetons proposent désormais une vision aseptisée du genre (Ben l’Oncle Soul, Duffy…). D’autres heureusement sont là pour assurer la vraie relève, celle qui préfère l’ivresse au flacon marketing et sait parfaitement éviter l’écueil des soul pleureurs. Quand l’Anglais Michael Kiwanuka joue avec grande classe la carte du rétro, les Américains d’Alabama Shakes dégainent celle de l’électricité. Tous deux publient ce printemps deux éblouissants premiers albums, peuplés de ballades à l’ancienne et de morceaux fébriles.

Le groupe sera présent sur la Grande Scène des Eurockéennes dans quelques jours : un grand moment, c’est certain !