Live-Report @ Palais des Sports

Paris-Sud Minute. Pour promouvoir leur album sorti en décembre dernier, le groupe de rap 1995 était en concert le 19 avril au Palais des Sports. Bienvenue dans la 95ème chambre / Entrez dans la suite / Bienvenue aux tard rentreurs de son dans l’casque / Aux Parisiens, aux Provinciaux. Alpha Wann, Darryl Zeuja, Sneazzy West, Fonky Flav’, Nekfeu et Hologram Lo’, les six figures emblématiques du posse ont accueilli comme des grands un public venu les rencontrer à domicile.

Assied-toi et observe ceux qui t’entourent. Sweats à capuche, casquettes, t-shirts floqués 1-99-5. L’histoire s’écrit, le logo couvre le textile. Vendredi soir, ce sont principalement des lycéens et des étudiants qui ont fait le déplacement pour rencontrer la relève du rap des années 90 dans une salle quasi-comble. Deux blocs à l’effigie du nom du groupe sont placés au centre de la scène. Le DJ Hologram Lo’ fait son apparition en premier, suivi de peu par le reste du gang et Loretta, l’une des guests de la soirée. Dès le premier morceau, Flingue dessus, les rappeurs donnent le ton. Leurs énergie et enthousiasme sont transmissibles.

Les années filent mais mon équipe reste à l’affiche. En deux ans, force est de constater que la team a fait du chemin. Concerts, festivals, show privés insolites (dans la Catacombes ou ailleurs), 1995 a accumulé les prestations scéniques. Et ça se ressent. Le public a affaire à des professionnels. Leur spectacle est bien rodé : les pas sont synchronisés et le débit du crew est fluide. Pourtant (et heureusement), les jeunes ne tombent pas dans la facilité. Ainsi, la scène du Palais des Sports prend bientôt des airs de ring où un battle se met en place entre Nekflamme et Alpha Wan. La salle est divisée en deux pour soutenir son champion. Sur Milliardaire, la soirée a des allures de festival. « Maintenant, on invite tout le monde à s’accroupir », lance Darryl Zeuja. Le public ultra-réceptif se prête au jeu.

Ca résonne.  Le sets sont divisés en deux parties. L’équipe maîtrise  parfaitement le tout. OrselSan et le gang IAM font leur apparition à tour de rôle pendant le spectacle. Le collectif marseillais ne reste que pour une (trop) brève chanson, la fameuse Petit Frère. On imagine qu’ils doivent être dans les derniers préparatifs de leur nouvel album Arts Martiens. Tandis que les mains forment des S, le second groupe dont Nekfeu fait partie, S-Crew, présente quelques titres.

Tu sais que c’est réel, quand on raconte nos joies, nos peines qui s’affrontent dans nos villes. Poètes de rue, le groupe lance des punchlines qui sonnent en maître durant deux heures, dans un style qui n’appartient qu’à eux. Les paroles sont profondes, les mélodies se démarquent.  Le succès est réel.