p>Monumenta 2012 de Daniel Buren

Chaque édition de Monumenta réserve son lot de surprises. Chaque année, l’artiste invité réussit à surprendre les spectateurs. l’année dernière, les visiteurs avaient été stupéfaits par le «Léviathan» d’Anish Kapoor qui encombrait la nef. Moins immédiate, est l’impression que laisse l’œuvre de Daniel Buren mais elle n’en est pas moins forte. Le faîte de la verrière est pour partie recouvert de plaques bleues et l’«un des projets était de couvrir toute la verrière de filtres de couleurs». Idée audacieuse mais peut-être vaniteuse. En comparaison, celle retenue possède une certaine grâce.

L’œuvre de Daniel Buren invite à une déambulation nez levé sur ces ronds translucides au travers desquels la verrière est magnifiée, ou tête baissée sur le sol de béton brut où se projette une lumière colorée. «Je voulais mettre en valeur la chose qui est la plus horrible et bâclée ici – le sol – et en faire une merveille, explique Daniel Buren. Rendre la verrière plus belle, c’est impossible. Mais quand le soleil frappe, au sol, tout se découpe. La lumière ressemble à de la poudre jetée et dessine un énorme dallage comme dans une mosquée ou une cathédrale.»

Monumenta 2012 de Daniel Buren

L’artiste de 74 ans, est un habitué des commandes publiques démesurées. En effet, l’artiste Incisif, critique, engagé, le travail deDaniel Buren, continuellement développé et diversifié, suscite toujours commentaires, admiration et polémique. En 1986, est réalisée sa commande publique la plus controversée, Les Deux Plateaux, pour la cour d’honneur de Palais-Royal à Paris. C’est également l’année où il représente la France à la Biennale de Venise et remporte le Lion d’or. Plus d’une centaine d’oeuvres permanentes sont signées Buren : il a notamment les Anneaux de l’Ile de Nantes, l’Arche du Musée Guggenheim de Bilbao ou encore la Chapelle Jeanne D’arc de Thouars.

Ces ronds de couleurs flottant évoquent des Nymphéas en milieu industriel font penser à une version pop de l’œuvre de Monet. Outre la couleur, on retrouve les «outils visuels», signatures de Buren: les bandes noires et blanches sur les centaines de poteaux. Encore une oeuvre réussie pour Monumenta qui s’impose d’année en année comme LE rendez-vous à ne pas manquer du printemps parisien.

MONUMENTA 2012 – DANIEL BUREN
Manifestation ouverte au public du 10 mai au 21 juin 2012

zp8497586rq