Depuis quelques jours se déroule l’exposition « L’impressionisme et la mode » au Musée d’Orsay.  Entre les belles étoffes du XIXème et les peintures, dessins des peintres impressionnistes, l’exposition s’articule autour de plusieurs thèmes – le Dandy, les vêtements de soirées, les toilettes de nuit… – de manière cohérente et naturelle.

Ainsi, sans rechercher à reproduire trop scrupuleusement la physionomie, la robe, le costume ou l’habit, ces peintres n’en rendaient pas moins compte des modes et des attitudes de leur époque. Dans ce même temps où les femmes s’habillaient de splendides parures de couleurs, changeantes et étourdissantes, les hommes se moulaient dans la ternitude d’habits, passant de l’habit de jour noir, bleu marine ou marron, à l’habit de soirée, résolument noir évidemment ! Ils devenaient alors visuellement le simple faire-valoir de ces dames, chargées elles de porter spectaculairement et si possible avec élégance la réussite de leur époux ou de leur protecteur.

L’exposition L’Impressionnisme et la mode commence assez tranquillement avec, en mise en bouche, quelques robes de l’époque, confiées par les musées Galliera (toujours en travaux) et des Arts décoratifs. Pénombre, forcément, les tissus anciens sont si sensibles… et deux jolies liseuses, l’une peinte par Manet, l’autre par Renoir. Des catalogues des premiers magasins parisiens sont également exposés : l’occasion de s’immerger directement dans l’univers parisien du XIXème siècle. Une belle entrée en matière.

Voir le tableau La Demoiselle du magasin (1883-1886), de James Tissot, qui, pour n’avoir pas été impressionniste, n’en dévoile pas moins précisément en fond de tableau le Paris haussmannien de la bourgeoisie triomphante. Un artiste que l’on suit comme un fil conducteur tout au long de l’exposition : ces oeuvres sont très belles et détaillées. Dans cette exposition, située dans un espace un peu étroit, la mise en scène a prévu en compensation quelques grands miroirs face aux tableaux de plus grands formats, dans chacune des parties de l’exposition, le visiteur est complètement emporté d’un univers à un autre. Les oeuvres sont alors parfaitement mises en avant. Magnifique !

5 beaux Berthe Morizot. De splendides Manet, bien sûr, qui s’attarda au cours de ses 5 dernières années à peindre de fort belles femmes. D’intéressants Mary Cassatt (Dans la loge, 1878 ; Femme au collier de perles dans la loge, 1879), qui permettent de constater qu’au spectacle la mode permettait que les dos et les poitrines soient avantageusement offerts aux regards, et que les jumelles… étaient rarement orientées vers la scène. Pour Cézanne, tel tableau montrant deux femmes s’appellera La Conversation ou Les deux Sœurs, alors que les deux messieurs du second plan discutent apparemment tout autant.

Un peu étonné de retrouver le spectaculaire tableau de Gervex, présenté dans l’exposition  »Degas et le nu« , avec sa légende inchangée, mentionnant le conseil de Degas à Gervex de placer un corset au sol, pour montrer que cette femme est une femme qui se déshabille. Quelques hommes élégants ont été bien attrapés et décrits par nos peintres, dont L’Homme à l’Ombrelle (vers 1868), de Claude Monet, ou un portrait craquant du jeuneRenoir, se tenant acrobatiquement les genoux sur un fauteuil, réalisé par Frédéric Bazille, en 1867, quand ils occupaient encore le même atelier, rue Visconti. Et une petite merveille, en fin d’exposition : un essai de « Figure en plein air » (1886), de Claude Monet, pour son célèbre tableau de La Femme à l’ombrelle.

Cette exposition se tient depuis le 25 septembre 2012 et ce jusqu’au 20 janvier 2013 au Musée d’Orsay. Elle sera ultérieurement présentée à New York, au Metropolitan Museum of Art, du 19 février au 27 mai 2013, puis au Chicago Art Institute, du 30 juin au 22 septembre 2013.

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