Exposition Cheveux chéris du Musée du Quai Branly Ils font partie des signes distinctifs de chaque être humain, et ce depuis la nuit des temps. Ayant pour habitude de remonter à nos origines, le musée du Quai Branly ne pouvait faire l’impasse… Frisés, lisses, colorés, tressés, naturels ou endimanchés: tout, tout, tout, vous saurez tout sur le cheveu !

« Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d’un beau navire, bercée par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes… » rêvassait jadis Charles Baudelaire. Ce fantasme au masculin (et parfois au féminin, le guitariste des Guns’N’Roses, Slash, ou Devendra Banhart période hippie peuvent en témoigner) est encore et toujours d’actualité.
«Ce sujet universel traverse les cultures européennes et non européennes, explique le commissaire de l’exposition, Yves Le Fur. En explorer les métamorphoses révèle des aspects inattendus et complexes de la légèreté et de la gravité des hommes. »

Si les cheveux ont connu bien des modes et subi l’outrage de conventions plus ou moins réductrices, leur évolution depuis la préhistoire est bluffante. On a appris à se coiffer pour soi-même mais aussi pour les autres… En tant qu’objet rituel, oeuvre d’art ou coquetterie quotidienne, le cheveu ne cesse d’inspirer l’humanité entière. Tous ces emplois et tous ces détournements, l’exposition Cheveux Chéris se charge de les retracer au travers de 280 peintures classiques, sculptures, photographies, objets ethnographiques et autres multimédias.

Exposition Cheveux chéris du Musée du Quai Branly Après un prologue intriguant (Noir/Blanc) proposant des bustes de toute époque et de toutes origines, l’exposition se découpe en trois univers. D’abord, Frivolité, qui porte entre autres sur les métamorphoses parfois abracadabrantes que subissent nos tignasses, selon la sacro-sainte mode à suivre. On y savoure les photographies de Sam Lévin sublimant les blonds de Brigitte Bardot, Sylvie Vartan ou Michèle Morgan aussi bien que les bruns de Joséphine Baker, Ava Gardner et Gina Lollobrigida. Ensuite, La Perte relate l’absence de la chevelure, suite à des contraintes initiatiques, biologiques ou médicales. On y admire les anglaises nouées d’un ruban appartenant à une jeune carmélite – cadeau d’André Breton à Jean-Jacques Lebel. On déplore aussi l’humiliation infligée aux femmes tondues pour avoir eu des liaisons avec des Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, et photographiées par Robert Capa. Enfin, le chapitre Pouvoirs du cheveu propose des amulettes de Mélanésie, des colliers de Polynésie faits de cheveux et d’os, des parures d’Ouzbékistan, des têtes réduites d’Equateur appelées tsantsas… les trophées des vainqueurs !

Selon Yves Le Fur, l’exposition a été créée « pour dire l’importance et l’attention qu’on leur porte généralement, l’estime de soi et de la dignité humaine ».
À la fois esthétique et didactique, colorée et sombre, légère et sérieuse, dotée d’une scénographie lisible et d’un sujet déclinable à l’infini, Cheveux Chéris est l’exposition parisienne à ne pas rater. Ca tombe bien, on a toute l’année scolaire pour s’y plonger, profitant du cadre verdoyant du Musée du Quai Branly.

Exposition Cheveux chéris du Musée du Quai Branly

Cheveux Chéris
Jusqu’au 14 juillet 2013
Musée du Quai Branly (mezzanine Ouest)
37, Quai Branly, 75007
http://www.quaibranly.fr/