Xavier Dolan, le perfectionniste À 23 ans et trois films présentés lors du Festival de Cannes, Xavier Dolan peut difficilement échapper à l’étiquette de jeune prodige. À la Quinzaine des réalisateurs, il entrait dans les annales du Festival en 2009 avec son premier long-métrage choc J’ai tué ma mère. Première incursion en sélection officielle avec Un Certain Regard – seulement un an après sa première sélectionil scrutait les battements de coeur au rythme du désir dans Les Amours imaginaires. Deux ans plus tard, il disparaît de l’écran et se consacre à la mise en scène et au scénario de Laurence Anyways, l’histoire d’un couple métamorphosé lorsque l’homme annonce à la femme qu’il souhaite devenir une femme. Un film-somme visiblement plus mature, perçu comme la consécration d’un cinéaste très remarqué.

Xavier, fils d’un acteur-danseur, naît à Montréal en 1989. A peine six ans plus tard, on le découvre à la télévision dans plusieurs publicités pour une enseigne pharmaceutique. Amoureux du jeu, sa relation avec le cinéma s’impose très tôt et sa carrière d’acteur débute par plusieurs longs-métrages canadiens tels que J’en suis (1997), La Forteresse suspendue (2001), ou encore Suzie en 2009. Un an plus tôt, avec la production franco-québécoise gore Martyrs, il pose, pour la première fois à l’écran, la pointe des pieds hors de ses frontières.

Cette année 2009 est celle de la révélation. A partir d’un scénario auquel il pense depuis trois ans, Dolan réalise et produit àseulement 20 ans son premier long-métrage, J’ai tué ma mère, véritable coup de coeur du Festival de Cannes. Avec ce film à l’inspiration autobiographique fantasmée, le jeune homme réussit une œuvre intime et réfléchie qui impressionne par son talent, sa maîtrise et sa polyvalence.Boulimique de travail, le prodige écrit le scénario de son deuxième film en quelques mois et revient dans les salles avec Les Amours Imaginaires où il met en scène la relation en péril d’un duo d’amis bouleversé par l’arrivée d’un jeune homme, se révélant source obsessionnelle de fantasmes. Une fois encore, Xavier Dolan affiche ses inspirations et impose son style: un cinéma d’auteur délibérément décalé et maniéré. A 21 ans, et en seulement deux réalisations, le québécois pose ainsi les marques d’un cinéma personnel, devenant l’icône d’une certaine jeunesse exigeante, convaincue par ce cinéma où maturité et humour réjouissant ne sont pas incompatibles.

Xavier Dolan, le perfectionniste Avec Laurence Anyways en sélection officielle, Xavier Dolan serait ainsi entré dans l’histoire du Festival de Cannes devant Steven Soderbergh, Palme d’or à 26 ans pour Sexe, mensonges et vidéo (1989). Pressenti par les médias, le coup médiatique n’a pas lieu lorsque la sélection a été dévoilée, le film étant annoncé dans Un Certain Regard. Interrogé, Gilles Jacob expliquait que Xavier Dolan aurait tout le temps de décrocher une place en compétition. Ce 3ème long métrage est particulier pour l’impatient canadien. Pour la première fois, il ne joue pas dans le film et il s’attaque au monde des adultes. En effet, lors de ces deux premiers films, le réalisateur avait comme protagonistes principaux, de jeunes lycéens ou étudiants. Laurence Anyways parle d’un professeur trentenaire – joué par Melvil Poupaud – et de sa compagne. La jeunesse n’est plus au premier plan et au centre des préoccupations du film qui constitue déjà un tournant important dans la carrière du réalisateur…Affaire à suivre…