Michel Gondry, l'extra-vagantLe nouveau film de Michel Gondry, qui tournait récemment une adaptation de L’écume des jours de Boris Vian à Bruxelles, est une production américaine filmée à New-York. Le réalisateur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind a mis en scène le voyage dans le temps d’un groupe d’adolescents joués par Joe Mele, Meghan Murphy et Alex Barrios.

Le réalisateur français est connu pour ces films décalés, avec des univers un peu magiques, qui marquent à chaque fois les personnes qui le voient. Ce talent a commencé à éclore lors de ces études de dessin à Paris. Puis, Michel Gondry se lance dans les années 80, dans la réalisation de vidéos musicales, d’abord pour le compte de Oui Oui, son propre groupe dont il est le batteur, puis pour d’autres formations. Particulièrement prolifique, il s’impose au fil des ans comme l’un des clippeurs les plus renommés au monde, collaborant notamment avec son égérie Björk, mais aussi avec les Rolling Stones, les Chemical Brothers, IAM, Radiohead, Kylie Minogue ou encore les Whites Stripes.

Également spécialisé dans la réalisation de spots publicitaires (Levi’s, Gap, Air France), Michel Gondry réalise en 2001 son premier long-métrage, la fable Human Nature, satire anthropologique emmenée par Patricia Arquette et Tim Robbins. Le film met en scène Lila, une naturaliste à la pilosité abondante, et Nathan, un scientifique obsédé par les bonnes manières, qui ont perdu foi en la race humaine. Elle a trouvé le repos en allant vivre dans la jungle et en s’entourant d’animaux. Lui, mène des expériences sur des souris en espérant rendre les hommes meilleurs. Michel Gondry présente ce premier long en séance spéciale au Festival de Cannes.

Ce long-métrage est l’occasion pour lui de travailler avec le scénariste Charlie Kaufman, qu’il retrouve trois ans plus tardMichel Gondry, l'extra-vagant pour Eternal sunshine of the spotless mind, comédie romantico-futuriste portée par Jim Carrey et Kate Winslet. Dans cette seconde fantaisie, Joël et Clémentine tentent, après leur rupture, d’enrayer le processus du souvenir, en effaçant de leur mémoire les instants passés ensemble. La construction du film, les inventions formelles et trouvailles scénaristiques lui permettent d’obtenir un grand succès public et un Grand Prix au festival de Deauville. Un film qui – au-delà des thèmes abordés – a marqué les années 2000 : le réalisateur français a, via ce film, réussit à faire imposer son style dans le paysage cinématographique mondial en manque d’imagination.

Il poursuit sur la lancée et tente cette fois une double aventure puisqu’il écrit et réalise La Science des rêves en 2005. Gael García Bernal y incarne Stéphane, un garçon surprenant d’excentricité qui, pour séduire sa voisine – interprétée par Charlotte Gainsbourg - se plonge dans un univers où l’imagination est reine. Un film qui place Michel Gondry comme un véritable créations « d’ovnis audiovisuels » !

En 2008, il retrouve les États-Unis et Jack Black, héros de Soyez sympas, rembobinez dans un style loufoque où le comique est roi. Un nouveau style pour le réalisateur qui avec ce scénario loufoque – deux amis rejouent toutes les grandes scènes du cinéma – réussit à être drôle et juste au pays de l’humour gras et lourd. Un exploit !

Toujours aussi éclectique, le réalisateur opte, par la suite, pour le documentaire familial avec L’ Epine dans le coeur, portrait de sa tante institutrice au fin fond des Cévennes, qui connait un accueil mitigé au Festival de Cannes 2009. En 2010, changement de cap pour Gondry qui se penche sur une adaptation du frelon vert, The Green Hornet, un comics des années 60, avec, dans les rôles titres, Christoph WaltzCameron Diaz et Seth Rogen. Avec ce film, Gondry s’attaque très clairement au grand public, abandonnant sa poésie – qui le suit depuis ses débuts – mais en gardant son savoir-faire. Au final, le genre super-héros s’en retrouve revigoré, grâce à un métrage se prenant moins au sérieux. Les amateurs de Gondry seront déconcertés. Les fans de Marvel et DC Comics aussi.

Michel Gondry, l'extra-vagant

Le plus américain des réalisateurs français revient sur la Croisette avec un nouveau film The WE and the I tourné dans le Bronx. Voici l’histoire : C’est la fin de l’année. Les élèves d’un lycée grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l’été. Le groupe d’adolescents bruyants et exubérants, avec ses victimes, ses amoureux, palabre et évolue au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leurs personnalités. Un film servi par des acteurs encore inconnus, qui s’annonce plein de tendresse et de poésie, à l’image des autres films de Gondry, tel que son chef-d’oeuvre Eternal Sunshine of the Spotless Mind.

Gondry devrait comme à son habitude, marquer les esprits de cette Quinzaine des réalisateurs : son film est très attendu par ces fans, peut-être aussi par la Croisette ?