Holy Motors : succès critique et succès public ? Le moins que l’on puisse dire c’est que le film « Holy Motors » de Léo Scarax a fait beaucoup de bruits lors du Festival de Cannes 2012. Acclamé et adoubé par l’ensemble des critiques français – un véritable exploit – le film n’a pas connu autant d’éloges de la part des professionnels étrangers.

En effet, les critiques étrangers ont tempéré l’enthousiasme français. Au final, le film français n’obtiendra aucun prix : grosse déception pour une grande majorité de la presse française. Pourquoi ce film méritait-il d’être autant défendu ? Ce succès critique pourrait-il se concrétiser par un succès populaire ?

L’histoire : De l’aube à la nuit, quelques heures dans l’existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiant, créature monstrueuse, père de famille… M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier — mais où sont les caméras?

Holy Motors : succès critique et succès public ?

Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l’immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l’action. Des femmes et des fantômes de sa vie.
Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?

La réalisation: le plus mal aimé des réalisateurs français, Leos Carax (de son vrai nom Alexandre Oscar Dupont), présente un film étrange, pour ne pas dire délirant. Denis Lavant, son acteur fétiche, l’accompagne dans cette nouvelle exploration de la Vie. Holy Motors est le premier long-métrage de Carax depuis Pola X, sélectionné à Cannes en 1999.

Le casting: Eva Mendes (une actrice), Kylie Minogue (une actrice), Michel Piccoli (un réalisateur), Denis Lavant (DL)…

Holy Motors : succès critique et succès public ? Un réalisateur unique : Leos Carax a réalisé des clips pour Iggy Pop, New Order et Carla Bruni. Il est d’ailleurs le co-auteur des paroles de la célèbre chanson Quelqu’un m’a dit. Multipliant les projets avortés par manque d’argent (comme « The Beast »), Leos Carax ne parvient à s’exprimer qu’à travers les petits rôles qu’il tient, dans 977 etMister Lonely d’Harmony Korine, ou via des projets collectifs, comme 42 One Dream Rush (2009), pour lequel il côtoie d’autres réalisateurs sulfureux tels que Larry Clark, Gaspar Noé ou Asia Argento. Une survivance artistique bien triste pour l’un des plus grands espoirs du cinéma français des années 1990. La traversée du désert prend fin cette année. Radical et osé, le film marque le retour du personnage de Monsieur Merde (de nouveau Denis Lavant), et fait définitivement sensation au Festival de Cannes, où il est présenté en Compétition. Un réalisateur dont a besoin le cinéma français.

zp8497586rq