Critique du film La couleur des sentiments de Tate Taylor

Succès surprise de cet été aux Etats-Unis, le film « La Couleur des sentiments » met en vedette notamment Emma Stone dans le rôle de Skeeter. C’est l’histoire de trois femmes extraordinaires et uniques du Mississippi qui, dans les années 1960, se sont liées d’une amitié improbable autour d’un projet secret qui briserait les règles sociales et les mettrait en danger. Une remarquable amitié un peu utopique, faisant naître en chacune le courage de surpasser ce qui les isole en réalisant que parfois, l’isolement doit être brisé, même si cela signifie de devoir affronter une époque en mutation.

Tantôt drôle, tantôt poignant, l’histoire de ce long métrage est universelle et basée sur l’idée qu’un changement est toujours possible. Le scénario, tiré du roman de Kathryn Stockett The Help, rappelle qu’il y a un demi-siècle, les domestiques « de couleur », n’avaient pas le droit de partager les sanitaires de leurs employeurs, qu’elles travaillaient dès leur plus jeune âge, six jours par semaine pour un salaire inférieur au tarif minimum et qu’elles pouvaient être renvoyées du jour au lendemain peu importe le motif. Une vraie piqûre de rappel !

Il n’y a pas vraiment de place ici pour la nuance. Les bonnes sont courageuses, la plupart de leurs patronnes sont lâches et/ou cruelles. Cependant, tout au long du film, dont l’histoire se déroule pendant la bataille des droits civiques, une tension plane au-dessus des personnages, rendant le récit moins prévisible. Bref, un bon film, une histoire forte et de très bonnes actrices. Un film à voir !