Critique du film "Dark Shadows" de Tim Burton

 Entre la reprise de l’exposition du Musée d’art moderne de New York à la Cinémathèque Française, la sortie de « Dark Shadows » la semaine dernière et celle de « Frankenweenie » en fin d’année, 2012 est une année très chargée pour Tim Burton. Ce dernier film vient d’ailleurs de détrôner « Avengers » au Box-Office alors que l’on prédisait de longues semaines en tête du Box-office aux héros Marvel ! Une performance !

Mais est-ce que ce 15ème long-métrage est à la hauteur des autres films du maitre fantastique ? La réponse est quelque peu mitigée. Adaptée d’une célèbre série américaine portant le même nom, le film déroute le spectateur. En effet, Dark Shadows émerveille louis finit par ennuyer le spectateur. Même si le film fait preuve d’une esthétique très intéressante, oscillant entre kitsch des années 70 et ambiances lourdes et noires, le scénario manque de supprimes.

Critique du film "Dark Shadows" de Tim Burton

L’histoire, celle d’un vampire du XVIIIème siècle, enterré pendant deux siècles et qui estdéterré dans les années 70, peut paraitre assez drôle sur le papier. Mais peu à peu, la fin est attendue et le film perd de son coté humoristique. Seuls certaines répliques de Barnabas Collins – personnage joué par Johnny Depp – prêtent à sourire mais la plupart ne sont pas aussi drôles que la série voir la bande-annonce pouvaient le laisser entendre.

Malgré cela, le casting est parfait. Outre un Johnny Depp impeccable, les seconds rôles féminins tirent leurs épingles du jeu. Ainsi,  Helena Bonham Carter est parfaite en médecin un peu trop portée sur la bouteille, Michelle Pfeiffer – qui joue pour la deuxième fois devant la caméra de Burton après le magnifique Batman – est très convaincante en chef de clan froide et autoritaire et Eva Green est diabolique en sorcière démoniaque prête à tout pour reconquérir son amour vieux de deux siècles.

Tout avait bien commencé avec un prologue au romantisme noir, attendu chez Burton (un homme, Barnabas Collins, se jette d’une falaise pour rejoindre dans la mort sa fiancée tombée sous l’emprise d’une sorcière, avant d’être changé en vampire par cette dernière), le passage aux années 70 et à « Nights in White Satin » qui accompagne le trajet d’une jeune gouvernante, mystérieuse mais ordinaire, semble ouvrir sur un possible territoire inexploré pour l’auteur. Le premier quart d’heure ne fait que peu appel au fantastique, mais pose une atmosphère étrange, à partir des excentricités de la famille Collins chez qui l’héroïne est engagée.

Critique du film "Dark Shadows" de Tim Burton

Hélas, une fois Barnabas revenu parmi les siens, le récit oublie bien vite tous lespersonnages au profit d’un Johnny Depp producteur omniprésent, et le film se transforme en comédie fantastique ronronnante jusqu’à son final bâclé. En lien avec ce manque d’investissement réel, le film fait se suivre les scènes plus ou moins réussies, sans jamais acquérir de profondeur, et laisse l’impression d’un « patchwork » un peu incohérent.

 Alors que la sorcière vaincue pleure des larmes qui se perdent dans les fissures d’un visage craquelé (belle image qui montre bien ce dont Burton est encore capable par intermittence), on ne retrouve pas la compassion tragique qui avait fait l’émotion de la mort du monstrueux Pingouin dans « Batman Returns« . Et Burton d’achever son film par un « happy end » et un plan final digne des films d’horreur les plus standards, qui laissent au spectateur un arrière-goût très amer. Dommage.