p>Critique de Skyfall de Sam Mendes

 Pour ses 50 ans, 007 s’est offert grand réalisateur : Sam Mendes. Ce 23e épisode du mythe est-il à la hauteur des attentes ? La réponse est oui !

Les critiques et les premiers spectateurs étaient unanimes : Skyfall est un des épisodes de James Bond les mieux réussi. Avec un agent secret toujours très bien interprété par Daniel Craig, un méchant très drôle (Javier Bardem) et un réalisateur excellent : ce film avait tout pour devenir légendaire. Il faut bien dire que pour perdurer, le mythe a besoin de s’égarer,  de se réinventer : Skyfall  ressemble moins aux autres épisodes de la saga. En effet, il n’y a pas trop de gadgets, pas de James Bond Girl vraiment trop présente. Le long-métrage repose plutôt sur la résurrection de Bond, sa confiance dans le MI-6 et sa remise en question. Une saga qui revient au premier plan suite à l’échec de  »Quantum of Solace » (2008) qui avait déçu, la faute à un scénario maladroit et à une réalisation qui ne l’était pas moins.

Critique de Skyfall de Sam MendesLe choix de Sam Mendès à la réalisation était assez inattendu, voir plutôt audacieux. Un auteur (oscarisé pour « American Beauty« ) et non un faiseur : une première chez 007. Le film réussit à réinventer le mythe une nouvelle fois, tout en suivant scrupuleusement ses fondamentaux, de faire preuve d’une autodérision permanente tout en témoignant d’un profond respect pour les codes de la série. Une mise en abyme constante qui permet à Q (sympathique Ben Wishaw) de se moquer des gadgets de ses prédécesseurs ou encore à l’agent Eve (Naomie Harris) de se moquer gentiment de 007. On arrive paradoxalement à l’un des bémols de ce 23e volet : à force de vouloir témoigner de la puissance du mythe, « Skyfall » frôle parfois la caricature en cherchant à être le plus épique possible, quitte à recycler les poncifs du genre.

L’histoire de « Skyfall » est assez simple. La ligne directrice est somme toute assez classique et de fait, l’émerveillement devant les magnifiques tableaux concotés par Mendès prend trop souvent le pas sur l’émotion. L’intérêt de ce récit est avant tout le soin indéniable apporté à la psychologie du personnage, crédibilisé par l’interprétation sans faute de Daniel Craig. Cependant, il faut bien avouer que l’esthétisme de cet épisode est très réussi : chaque plan est aussi beau qu’une carte postale. MA-GNI-FIQUE !

Critique de Skyfall de Sam MendesOn peut néanmoins regretter que le film se focalise de façon quasi exclusive sur Bond et M, figure maternelle de l’agent, omniprésente, une relation intéressante mais qui éclipse un peu trop le reste des personnages, y compris Raoul Silva, véritable agent du chaos, largement sous-exploité, malgré la métamorphose réussie de Javier Bardem en hacker gay avide de vengeance. Les personnages qui gravitent autour de Bond ne font que souligner ses propres traumas. Le rythme nerveux des deux précédents films est donc ici délaissé, au profit d’un récit et d’une mise en scène qui prennent leur temps, sans jamais ennuyer.

Par une réalisation qui confine au sublime et une interprétation de haute volée, ce 23e James Bond, malgré quelques imperfections scénaristiques, peut se targuer d’être un des rares épisodes à dépasser le statut de simple divertissement pour atteindre le niveau de grand film d’aventure et d’espionnage. La barre a été placée très haute par Sam Mendès. Qui lui succèdera ? Daniel Craig incarnera-t-il le célèbre espion ? Quel sera le rôle de Ralph Fiennes aux cotés de 007 ? Il faudra attendre encore un peu avant d’avoir toutes les réponses…

zp8497586rq