Critique de Laurence Anyways de Xavier Dolan Xavier Dolan, le prodige du cinéma québécois a encore fait des merveilles. Après « J’ai tué ma mère » et « Les Amours Imaginaires« , le troisième long-métrage du jeune réalisateur est sorti au mois de juillet dans les salles en France. « Laurence Anyways« , film fleuve de plus de 2h40, présenté au Festival de Cannes en mai dernier, le long métrage est intense et plein de maitrise…du grand art !

En effet, Dolan aborde cette fois-ci un thème bien différent : le transsexualisme. Avec un casting mixant acteurs français - Melvil Poupaud, Nathalie Baye – et acteurs fétiches de DolanSuzanne Clément et Monia Chokri, le film est parfaitement équilibré. Comme à son habitude, Dolan utilise avec parcimonie les plans au ralenti et les jolis cadres : cet esthétisme peut en agacer certains mais l’on peut y voir un moment de lévitation nécessaire au film. Les 160 minutes du film passent très rapidement, alternant des moments de calme et des moments plus intenses. Un vrai bonheur.

Cependant, par rapport à ses deux autres longs-métrages, Dolan aborde un sujet sensible et encore peu abordé au cinéma. Subtile et juste, l’histoire aurait pu être traitée de manière plus directe et maladroite. En prenant le parti de raconter une histoire et de ne pas contextualiser cette situation, le réalisateur fait preuve de beaucoup d’intelligence. Le scénario est crédible, les acteurs sont excellents, la mise en scène est impeccable : un très bon film.