Rentrée littéraire : les 5 stars de la rentrée

Attendue depuis des mois par les libraires comme par les éditeurs, la rentrée littéraire a donné son coup d’envoi le 22 août dernier.

Au programme : pas moins de 646 romans sur les seuls mois de septembre et d’octobre. Pas forcément évident donc de se repérer parmi les étals des librairies. Voici les cinq romans français dont tout le monde va parler.

Olivier Adam

Découvert en 2000 avec Je vais bien, ne t’en fais pas (Dilettante), Olivier Adam est depuis devenu un habitué de la rentrée littéraire. Lauréat du prix Goncourt de la nouvelle en 2004, il revient cette fois avec un roman aux accents autobiographiques publié chez Flammarion. En effet, dans Les Lisières, Olivier Adam campe le personnage de Paul Steiner, écrivain et scénariste qui s’apprête à quitter son épouse et à revenir sur sa terre natale. Un neuvième roman qui, comme certains le prédisent déjà, pourrait bien lui valoir le prix Goncourt.

Laurent Gaudé

Dix ans après les batailles et le folklore de La Mort du roi Tsongor, prix Goncourt des lycéens 2002, Laurent Gaudé renoue avec l’épique et publie Pour seul cortège (Actes Sud). Un roman a mi-chemin entre l’Histoire et la fable, dans lequel il nous raconte les derniers jours d’Alexandre le Grand et la chute inévitable de son empire monumental. Un récit poétique et délicat qui nous emmène à Babylone, découvrir cette civilisation aussi grandiose que décadente, mais toujours incroyablement fascinante.

Amélie Nothomb

Pas question pour la romancière belge de faire faux bonds à ses lecteurs. Cette année – comme tous les ans depuis 1992 – Amélie Nothomb publie donc son nouvel opus. Sorti en librairie le 23 août, Barbe bleue (Albin Michel) retrace la rencontre entre Saturnine, jeune étudiante en histoire de l’art, et son propriétaire, un vieux noble espagnol soupçonné d’avoir assassiné ses anciennes locataires. Une relecture du célèbre conte de Perrault qui, faute d’avoir convaincu la critique belge, bénéficie pour d’une presse française plutôt favorable.

Philippe Djian 

Pour son vingt-cinquième roman, Oh…, Philippe Djian a choisi de se glisser dans la peau d’une femme. Mère d’un grand garçon, Michèle est divorcée et dirige avec sa meilleure amie une petite boite de production. Sa relation aux hommes est compliquée, elle a du mal à oublier les fantômes du passé, mais, malgré tout, sa petite vie suit son cour. Seulement voilà, son équilibre est fragile, trop fragile pour supporter un viol…

Christine Angot

« Un court roman, une audace à couper le souffle, un morceau de littérature dont on ne sort pas indemne. Jamais Angot n’a été si aigue et si bouleversante » : les éditions Flammarion n’en en pas dit plus sur le prochain Christine Angot paru le 5 septembre. Mais, si on ne sait rien d’Une semaine de vacances, on peut d’ores et déjà imaginer que la romancière et son ton acide devraient, comme à l’habitude, défrayer la chronique.

Sur la route de Walter Salles

Sur la route de Walter Salles 20 May 2012 par anthony dans Cinéma, Littérature

Sur la route de Walter SallesSur la route (On the Road, sortie en 1957) est le plus connu des romans de Jack Kerouac. Le roman raconte de manière quasi autobiographique les aventures de l’auteur (nommé Sal Paradise dans le livre) et d’un compagnon de route, Neal Cassady (nommé Dean Moriarty dans le roman).

Sur la route fut l’un des romans fondateurs de ce que Kerouac nomma lui-même la « Beat Generation ». Toutefois le terme de Beat Generation fut avant tout un raccourci commode qui permit aux médias d’instituer en mouvement littéraire ce qui était surtout la conjonction d’individus singuliers : même s’ils partagent un goût pour la prose spontanée et le surréalisme, l’écriture de Jack Kerouac ne ressemble pas à celle d’Allen Ginsberg, et celle de Ginsberg est elle-même éloignée de celle de William Burroughs.
Le fantasme de nombreux lecteurs va enfin se réaliser. Si Sur la route a toujours fasciné les cinéastes depuis sa première publication, en 1957, l’histoire de son adaptation sur grand écran pourrait faire l’objet d’un film tant elle a emprunté des chemins sinueux. La légende attribue à Jack Kerouac l’idée de transposer son road-movie littéraire au cinéma. Il a écrit en ce sens une lettre à Marlon Brando, lui suggérant de tenir le rôle de Dean Moriarty à ses côtés mais la star de Sur les quais n’a jamais répondu au désir du pionnier de la «Beat Generation». C’est après la mort de ce dernier, en 1969, que les droits du livre ont finalement été vendus à Francis Ford Coppola.

Tombé amoureux du livre écrit en trois semaines sur les routes américaines, le réalisateur d’«Apocalypse Now» a longtemps tenté de le porter lui-même sur grand écran. Il a engagé pour cela la crème des scénaristes, Michael Herr, tout d’abord, qui a notamment collaboré au «Full Metal Jacket» de Stanley Kubrick et d’autres pointures du cinéma. Insatisfait des versions proposées, le Nabab a ensuite engagé son propre fils, Roman et a même envisagé en 1995 de réaliser le film en noir et blanc, avec Ethan Hawke et Brad Pitt. Echec. Découragé, Francis Ford Coppola engage l’excellent romancier Russell Banks  en 2001, pour réécrire totalement le scénario. Un nouveau projet est alors lancé, avec Joel Schumacher à la réalisation, Bill Crudup en Sal et Colin Farrell pour Dean. Grâce au ciel et à la malédiction qui plane sur l’adaptation, le chef d’œuvre de Jack Kerouac n’a pas échoué dans les mains du cinéaste de «Batman et Robin».

Sur la route de Walter SallesToujours orphelin, le bébé se trouvait un nouveau tuteur en 2004, en la personne du cinéaste brésilien Walter Salles. Enthousiasmé par Carnets de voyage et Central do Brasil, le très beau portrait consacré à la jeunesse de Che Guevara, Francis Ford Coppola n’a pas hésité une seconde à laisser le réalisateur reprendre le projet à son compte. Avec le dramaturge portoricain José Rivera, Walter Salles a écrit une nouvelle version du script, après de nombreux voyages à travers l’Amérique. Le cinéaste a également rencontré l’épouse de Neal Cassady, Carolyn et de nombreuses figures de la «Beat génération» pour préparer le film, rapporte «The Independent». Son scénario serait sublime, selon les quelques chanceux qui ont pu le lire et les partis-pris de Walter Salles audacieux. «Les thèmes de «Sur la route» sont plus contemporains aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a 10 ans. Le roman donne la possibilité de comprendre l’Amérique d’aujourd’hui en sautant de 50 ans dans le passé», ajoutait-il, en pleine promotion d’«Une famille brésilienne». Désormais, on peut compter les jours et les semaines qui nous séparent de la sortie du film.

Le scénario fut écrit par Russel Banks mais le tournage prévu à l’automne 2001 n’a jamais commencé. La sortie du film Sur la route est prévue pour le 23 mai 2012, et est réalisé par Walter Salles. L’attente a donc été longue. Les premières images sont en tout cas prometteuses. On retrouve un casting de jeunes stars en herbe: Sam Riley (Control) en Sal Paradise, Garrett Hedlund (Tron : l’héritage) en Dean Moriarty, Kristen Stewart (Twilight) en Mary Lou et des acteurs renommés pour les seconds rôles – Kirsten Dunst, Viggo Mortensen, Amy Adams et Steve Buscemi.
Un livre à lire et un film à ne pas louper !

p>Millénium : la saga littéraire

La semaine dernière est sorti « Millenium: Les hommes qui détestent les femmes” de David Fincher, le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. Comment cette trilogie littéraire est-elle devenue aussi populaire dans le monde ? Explications.

Stieg Larsson, journaliste et écrivain suédois, connu pour son engagement contre l’extrême droite et le racisme, meurt à l’âge de 50 ans d’une crise cardiaque. Quelques mois avant son décès, il avait contacté le plus grand éditeur suédois Norstedts pour lui livrer une série de 3 romans policiers « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » ( paru en juillet 2005) ; le deuxième, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (paru en mai 2006) ; le troisième et dernier, « La Reine dans le palais des courants d’air«  (paru en mai 2007). Malgré cette tragédie, les romans sont publiés sous l’accord de son père et de son frère qui détiennent tous les droits de diffusion. Le succès est au rendez-vous et l’éditeur vend 2,3 millions d’exemplaires en suédois. Les livres s’exportent alors vers l’étranger – traduits dans 25 pays – et une adaptation cinématographique suédoise voit rapidement le jour en 2009 avant l’adaptation américaine sortie mercredi dernier.

L’écrivain a su séduire les lecteurs avec son style inquiétant, pesant et noir : le suspense est au rendez-vous, les histoires sont très bien ficelées et les personnages principaux sont très puissants. Un savant mélange qui donne au de l’intensité à ces romans. Un vrai régal. Cacher ces livres aux lecteurs aurait été une erreur : le monde littéraire rend hommage à Stieg Larsson.

Stieg Larsson croyait dans sa bonne étoile. Il parlait de ses romans comme de son « assurance vieillesse », et envisageait des Millénium 4, 5, 6… Il pensait aller jusqu’à 10 volumes et, peu avant sa mort, il s’était mis à étudier la mécanique des coffres-forts. D’un commun accord, les héritiers ainsi que la compagne de l’écrivain ont décidé de ne pas faire publier le manuscrit du 4ème tome si ce dernier venait à apparaitre.

 

Littérature : Les Sauvages de Sabri LouatahLa rentrée littéraire de cette année a réservé une surprise. En cette année électorale, le nombre de livres sur la politique et les hommes politiques est important mais un livre se distingue des autres : le livre de politique fiction « Les sauvages » de Sabri Louatah. Cet ouvrage devrait beaucoup faire parler ces prochaines semaines.

En effet, c’est le premier roman de ce jeune auteur de 28 ans, qui est également le premier tome d’une série de quatre romans. L’histoire est séduisante. En voici le résumé : « A l’heure où la France s’apprête à élire son futur président, un candidat d’origine Kabyle, le député Chaouch, sort vainqueur des primaires PS. Donné favori dans les sondages, son visage commence à s’afficher dans les rues de France, afin de se préparer au duel qui l’opposera quelques semaines plus tard à Nicolas Sarkozy. En parallèle, à Saint-Étienne, la turbulente famille Nerouche termine entre rires et larmes les préparatifs d’un mariage. Le témoin du marié, Krim, est en proie à une étrange angoisse. Quelles en sont les raisons ? Est-ce l’union d’un Kabyle et d’une Arabe ? Sont-ce les rumeurs d’homosexualité qui planent au dessus du marié ? Le destin de cette famille va alors s’entrechoquer avec celui du pays, lui aussi en proie à de vives tensions…« 

Mêlant politique, sujets de société et identité : le livre est passionnant et très bien écrit.Une histoire prenante qui donne envie de suivre les autres tomes de la collection !

« Les Sauvages » de Sabri Louatah, Éditions Flammarion/Versilio, 320 pages, 19 € au format papier, 12,99 € en version numérique. Paru le 4 janvier 2012.